Du 10 octobre au 7 décembre 2025, l’espace Le Carré à Lille accueillera l’exposition Kinjotour, un voyage audiovisuel en forme de carte blanche au projet Montparnasse Musique. Sur une initiative de Nadjib Ben Bella -moitié du duo aux côté d’Aero Manyelo- le parcours invite le visiteur à découvrir les créations visuelles et sonores propres à leur univers, en apesanteur au centre du triangle Kinshasa-Johannesburg-Tourcoing. Masques DIY, photographies des arts des rues de Kinshasa, peintures et pochettes d’albums rythment cette expo courte mais essentielle. De quoi nous donner envie de nous replonger dans Archeology, leur album incontournable sorti en 2022. On en a profité pour discuter avec Nadjib, qui nous en dit plus sur cet évènement éphémère et le futur du projet.

Aero Manyelo et Nadjib Ben Bella – Crédit : Eric Beckman
L’expo Kinjotour a lieu en ce moment à Lille. En quoi l’univers visuel de Montparnasse Musique est-il indissociable de la Musique?
Nadjib : C’est vraiment une imbrication naturelle et très organique. J’ai toujours été sensible aux artworks des disques que je digge. Je trouve ça cool d’être attiré par un disque grâce au visuel de l’objet. En même temps, la curiosité humaine fait qu’on est attiré par le visuel avant la musique, si on ne connaît pas le groupe. Pour résumer, c’est comme un bon plat : le visuel fait partie de la recette !
Qui sont les principaux intervenants et intervenantes, et qu’as tu voulu montrer à travers cet évènement?
Au départ sur le projet Montparnasse, on a eu beaucoup de mal à sélectionner les visuels et donner une direction visuelle au projet. Pour l’expo c’était pareil, l’espace le Carré m’a donné une carte blanche, ça veut dire ce que ça veut dire! Montparnasse est à la fois un projet qui me tient à cœur, et qui englobe aussi la majorité de mes coups de cœurs visuels. En plus de ça, le challenge de monter une exposition autour d’un projet musical me bottait bien. Les artistes qui participent au projet sont, dans le désordre : Renaud Barret, Moke fils, Fulu Miziki, Precy Numbi, Bernard Treton et Félix Godefroy !
Cette exposition va-t-elle s’exporter?
J’aimerais bien! Notre label Real World X (sous-division de Real World, label de Peter Gabriel, ndlr) était présent lors du vernissage et ne s’attendait pas à cela. Ça serait super de pouvoir la faire à l’étranger, comme en Belgique, au Royaume-Uni, ou autre… A bon entendeur !
L’EP Kinjotour est sorti le jour du vernissage. Le son est bien plus brut et direct que sur l’album. Comment interpréter ces quelques titres, quelle est leur histoire?
Cet ensemble s’intègre dans notre discographie assez facilement car nous avons fait ces morceaux à l’époque de l’album. Ils représentent cependant plus de rush. La liberté d’une Bande Originale était parfaite pour pouvoir les sortir sans les contraintes d’un disque classique. C’est plus un voyage dans notre univers sensoriel.
Que s’est il passé pour Montparnasse Musique depuis Archeology en 2022?
Nous avons sorti le projet Family First, très club. Nous avons fait une résidence de création à Johannesburg pour réfléchir à ce que nous voulons faire dans le futur. Nous sommes aussi allés chercher de l’inspiration en allant voir les artistes du catalogue du label de Manyelo, Herbal 3 Records. Cette scène sud africaine est bouillonnante !
Que peut on attendre du projet pour 2026? Le futur de Montparnasse Musique sera-t-il toujours lié au mouvement Congotronics?
A l’heure actuelle nous avons des morceaux en chantier avec Mopero Mupemba de Kasaï Allstars et nous sommes en train de monter un live avec Konono n°1. Il y a de fortes chances qu’on fasse une tournée ensemble courant 2026 !
Suivez Montparnasse Musique sur Instagram et écoutez l’EP Kinjotour ici.

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