Brodinski, sale temps pour le rap

La première grosse claque de l’année 2026, la voici. Originaire de Reims, Brodinski s’est imposé dès la fin des années 2000 comme l’une des figures majeures de la scène électronique française, réputé pour son style au carrefour de l’électro et du rap, notamment via sa plateforme Bromance. Installé entre Paris et Atlanta, il produit alors deux titres pour l’album Yeezus de Kanye West et s’insère dans la scène trap du sud des Etats-Unis, en collaborant avec des références locales. Aussi discret qu’influent, Brodinski est de retour avec Mono City, marquant l’aboutissement de près de vingt ans d’expérimentations sonores dans un album collectif qui réunit 28 collaborateurs sur 14 titres massifs. Il y extrait l’essence de la trap pour y injecter sa formule magique expérimentale, caractérisée par des textures palpables, des ambiances industrielles dystopiques et des basses saturées. Dans la lignée de Jpegmafia, Danny Brown ou Death Grips, Brodinski fait partie -peut être sans le savoir- de ces artistes majeurs qui n’ont pas froid aux yeux, capables de pousser la culture hip-hop dans ses retranchements les plus profonds, d’une manière qui semble incroyablement spontanée. A l’écoute de Mono City, on comprend mieux pourquoi le Kényan Slikback -logiquement présent sur un morceau- est devenu l’un de ses compagnons de platines régulier, tant les deux partagent un talent inné pour l’avant-garde électronique. On écoute en boucle et on prend cher.

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