Décembre est là, et il est temps pour tout média musical qui se respecte de se coller à l’exercice fastidieux du top de l’année. Musiques Obliques vous présente sa sélection éclectique entre évidences et coups de coeur tombés du ciel, avec un faible pour les musiques alternatives, nourries par les cultures du Monde. Voici une sélection de 50 albums qui ont rythmé cette année relativement sombre, dominée par la montée en puissance de l’IA. Une bonne raison pour ces albums, compilations ou EP de mériter chacun leur superlatif. Pour toi lecteur, je prends soin -quand c’est possible- d’intégrer un lien d’écoute Bandcamp, la meilleure plateforme quand il s’agit d’ouvrir ton porte-monnaie pour supporter tes artistes préférés ! Un top en cinq parties, voici la seconde.
Le plus ÉPIQUE
Hunting Good – Kala ma Katza
Hunting Good, multi-instrumentiste basé à Barcelone, fusionne jazz, funk et musiques traditionnelles pour créer des compositions cinématiques inspirées par ses voyages. Sur son EP Kala ma Katza L’homme-orchestre raconte l’épopée d’une tribu imaginaire qui évoluerait sur des avalanches de cuivres, percussions et chants tribaux. Inspiré par le cycle de transformation du papillon, il livre cinq titres magiques, reflets de son imagination et de son sens de la narration.
Le plus ATTENDU
Tame Impala – Deadbeat

La pop hallucinogène de Tame Impala nous manquait. Après une collab remarquée avec Justice, le groupe accouche enfin d’un cinquième album qui ne déçoit pas. Influencé par la bush doof culture -ces fêtes dansantes en pleine nature- et la scène rave australienne, Tame Impala booste sa pop néo-psychédélique avec des arrangements électroniques hypnotiques et dansants. De la grande musique.
A écouter ici.
Le plus CULTE
V/A – Sinners Original Soundtrack

La bande originale de Sinners fait au moins 80% du boulot pour rendre le film culte, comme l’un des plus mémorables de 2025. Célébration épique des racines afro-américaines, l’album raconte l’histoire du Sud du pays dans les années 30, sur fond d’attaque de vampires. A la fois acteurs et chanteurs, des artistes comme Hailee Steinfeld, Rod Wave ou Rhiannon Giddens envoient leur blues rugueux et leur gospel lumineux avec une authenticité remarquable, offrant au film son lot de scènes incroyables. On s’en rappellera longtemps.
A écouter ici.
Le plus INDOMPTABLE
La Niña – Furèsta

Le second album de Carola Moccia, alias La Niña, est une réinvention avant-gardiste de la musique traditionnelle napolitaine. Furèsta, qui signifie sauvage ou indomptable est une belle manière de décrire cet album en un mot : un mélange aussi précis que chaotique de percussions archaïques, chœurs, mandoline et violons, le tout sublimé par le dialecte de la chanteuse charismatique. Rarement l’Italie nous aura offert une telle surprise.
A écouter ici.
Le plus AUDACIEUX
Danny Brown – Stardust
On n’attendait pas un Danny Brown au sommet de son art après ses derniers albums en demi-teinte. Nouvelle salve à l’énergie contagieuse, Stardust fait appel à l’EDM et à l’hyperpop pour embrasser le flow passe-partout du rappeur. Entouré de jeunes talents comme Underscores, Jane Remover, Frost Children, Quadeca ou Femtanyl, Danny Brown nous crache ses émotions à la face tout en offrant un nouveau souffle à une scène rap pourtant saturée. Brillant et incroyablement actuel.
Le plus TEXTURÉ
Slikback – Attrition
Après des dizaines de singles, EP et albums autoproduits et souvent en téléchargement gratuit sur Bandcamp, Slikback sort enfin un album chez une grande écurie de la musique électronique. Le label légendaire Planet Mu invite le producteur kényan qui, sans surprise, frappe encore très fort avec son mélange expérimental entre dubstep, techno, gqom et musique club déstructurée. Ambiance sombre à souhait, textures presque palpables et chaos rythmique confirment son statut incontestable de géant actuel de la musique électronique underground.
Le plus MÉLODIEUX
Hero.created – African Rhythms Electronic Sounds
En début d’année, hero.created marquait les esprits avec African Rhythm Electronic Sounds, un EP batida lumineux qui transmet l’énergie du nord du Ghana, mêlant chaleur urbaine et folklore local. Le Berlinois puise dans ses racines ouest-africaines pour créer un groove unique, vibrant et émotionnel. Un EP fédérateur et taillé pour le dancefloor, signé par un artiste en passe de rejoindre Lycox ou Vanyfox au rang des références en matière de batida.
Le plus GROOVY
Deejay Veiga – Pelo Movimento

Deejay Veiga est une véritable machine à groove. Entre deux sorties chez Principe, Love in the Endz ou Chiguiro Records, le jeune Portugais peaufine son art avec des sorties auto-produites, à l’image de cet album en mode « guetto style ». Qu’il s’agisse de batida, d’afro-tech ou de tarraxo, Veiga en a compris les codes et livre banger sur banger avec une régularité sans faille. Un producteur sous-estimé qu’il est urgent de découvrir. Lourd !
A écouter ici.
Le plus HYBRIDE
Entrañas – Los Cueros Al Sol
Depuis quelques années, Entrañas enchaîne les sorties de qualité à un rythme fou, tout en cherchant sa signature sonore. Sur ce second album, le producteur équatorien tient réellement quelque chose d’unique. Comme l’a réussi Dengue Dengue Dengue au Pérou, Entrañas trouve un équilibre solide entre rythmes locaux et culture club. En plus d’une empreinte sonore ancrée dans ses racines, il rend ici hommage à la vie quotidienne à Quito, en particulier les mets traditionnels de la ville. Le genre de musique novatrice qui vous met l’eau à la bouche.
Le plus ILLÉGAL
Wulffluw XCIV – Index_0
Index_0 de WULFFLUW XCIV est un véritable artefact sonore, né de trois années d’exil depuis l’invasion russe. Cet album explore l’identité et la fragilité du monde moderne à travers des textures électroniques spectrales, des beats chaotiques et une énergie club déconstruite. Chaque morceau reflète tension, amour, psychose et lueurs d’espoir, pour écrire un journal intime brut et figé dans le temps. Cette capsule temporelle a été gravée par l’artiste russe sur des vinyles radiographiques, une technique presque éteinte, pratique courante dans l’union soviétique des années 50 pour contourner la censure. Une œuvre rare et expérimentale, où horreur et lumière s’entrelacent.
à suivre…
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