Rendu visible au monde par Nyege Nyege Tapes, le singeli est sans doute l’un des genres les plus excitants du XXIe siècle, bien en phase avec le monde chaotique dans lequel nous vivons. Locomotive de la version underground du mouvement, Jay Mitta est enfin de retour avec Kazi Kwanza, un second album qui vient élargir son vocabulaire. Sept ans après la claque Tatizo Pesa, le producteur de Dar es Salaam livre un opus brut et entièrement instrumental où la frénésie caractéristique du genre se nourrit aussi bien de trance, de drill, de grime que de hard techno. Si le singeli séduit aussi par son côté bordélique, Jay Mitta vient enrichir son vocabulaire en le rendant plus précis, mieux structuré, parfois même émotionnel, fort de son expérience live sur les scènes européennes. Chaque morceau est un dancefloor killer par sa rapidité, ses textures vivantes et ses breaks inattendus, de quoi rendre ivre n’importe quel auditeur un peu curieux. D’un genre ultra-local et populaire dans son pays, Jay Mitta réussit le pari de partager un morceau de sa culture à l’international, tout en restant underground. Sans doute l’un des musiciens africains les plus importants de la décennie… Singeli to the World !
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