Sarah Tandy, 11 nuances de jazz

Formée à la rigueur classique avant de s’imposer comme l’une des figures les plus inspirées -et sous-estimée- du jazz londonien, Sarah Tandy poursuit son émancipation artistique avec Delicious Capricious, premier véritable album qui sonne presque amical, tant les grooves résonnent de manière juste et familière. L’introduction « My Motion » avec Akin Soul est un instantané de soul jazzy qui garantit d’emblée qu’on va passer un bon moment. Pianiste et compositrice reconnue pour son jeu audacieux, elle explore des sentiers alternatifs où le jazz dialogue avec le funk psychédélique, le broken-beat, la soul, et bien évidemment les sonorités urbaines caractéristiques du UK jazz.

Porté par un goût évident pour l’improvisation et les fusions subtiles, l’album est le reflet une personnalité mature, qui préfère le feeling aux exercices de style gratuits. Entre « Hyperjazz » qui rappelle l’audace rythmique de Kaidi Tatham, le dub cosmique de « Keep Dreaming », le boogie-rap lumineux de « Princess Peachy », ou les envolées UK funky de « Pressure » avec KOG, chaque morceau semble animé par la même énergie créative, héritée autant de la scène jazz contemporaine que de ses explorations électroniques récentes.

En se remémorant le très propre mais plus conventionnel Infection in the Sentence sorti en 2019, on constate que le virage est aussi brutal que magistral, et évoque autant Nubiyan Twist que Flying Lotus, avec une touche qui lui est propre. Dans ce déjà intemporel Delicious Capricious, Sarah jongle entre virtuosité, curiosité et liberté, et a bien compris que l’héritage du jazz n’était que le point de départ d’une inspiration infinie.

Suivez Sarah Tandy sur Instagram.

Votre commentaire